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Comprendre le sujet

L'intégration européenne désigne le processus par lequel des États européens ont transféré et mutualisé des compétences au sein d'organisations communes, depuis la CECA en 1951 jusqu'à l'Union européenne actuelle. Elle combine approfondissement (marché commun, monnaie unique, citoyenneté) et élargissement successif, passant de six pays fondateurs à vingt-sept États membres. Ce mouvement repose sur des institutions supranationales et une coopération intergouvernementale, tout en suscitant des débats sur la souveraineté et la démocratie.

De la CECA à l'Union européenne : une construction par traités
L'intégration européenne progresse par traités négociés entre États, puis ratifiés, souvent par référendum. Le traité de Paris (1951) crée la CECA entre six pays, avec une Haute Autorité supranationale. Le traité de Rome (1957) fonde la CEE et installe une logique de marché commun. Chaque étape ultérieure approfondit l'intégration : l'Acte unique (1986) achève le marché intérieur, Maastricht (1992) crée l'Union européenne et pose les bases de l'euro, puis Amsterdam, Nice et Lisbonne réforment les institutions. Cette méthode communautaire associe institutions supranationales et volontés des États, ce qui explique à la fois sa stabilité et sa lenteur.

Approfondissement ou élargissement ?
Ces deux dynamiques structurent toute l'histoire de la construction européenne. L'approfondissement renforce les compétences communes : union douanière, politique agricole commune, marché intérieur, monnaie unique, coopérations judiciaire et étrangère. L'élargissement accroît le nombre d'États membres : six fondateurs en 1957, neuf en 1973, douze en 1986, quinze en 1995, puis vingt-sept après les grands élargissements de 2004 et 2007 et le départ du Royaume-Uni en 2020. Les deux logiques sont liées : chaque élargissement impose des réformes institutionnelles, tandis que l'approfondissement conditionne l'acceptation de nouveaux membres, qui doivent reprendre l'acquis communautaire.

Union européenne, zone euro et espace Schengen : trois périmètres distincts
Il faut distinguer des cercles qui ne se recouvrent pas. L'Union européenne compte vingt-sept États membres et repose sur le droit de l'Union. La zone euro, fondée sur le traité de Maastricht, ne regroupe qu'une partie de ces États : certains, comme la Suède ou la Pologne, conservent leur monnaie. L'espace Schengen, issu d'un accord de 1985 intégré ensuite au droit de l'Union, inclut des États non membres de l'UE, comme la Norvège et la Suisse, et exclut temporairement ou durablement certains membres, comme Chypre et l'Irlande. Enfin, le Conseil de l'Europe, créé en 1949 et siégeant à Strasbourg, est une organisation distincte de l'Union européenne.

Débats sur la souveraineté et la démocratie
L'intégration européenne transfère des compétences à des institutions communes, ce qui nourrit des débats persistants. Les partisans soulignent la paix durable, la puissance économique et la capacité à agir ensemble face aux grands enjeux. Les critiques invoquent un déficit démocratique, la distance entre citoyens et décideurs, et des règles jugées contraignantes, notamment dans la zone euro. Les crises ont accentué ces tensions : crise de l'euro après 2008, question migratoire, puis Brexit, premier retrait d'un État membre, décidé par référendum en 2016 et effectif en 2020. Les réponses varient selon les pays, entre intégration renforcée et coopérations à géométrie variable.

Questions de révision

Quelle est la différence entre le Conseil de l'Europe et l'Union européenne ?

Le Conseil de l'Europe est une organisation internationale distincte, créée en 1949, qui réunit bien plus d'États que l'UE et est connue pour la Convention européenne des droits de l'homme et sa Cour, basée à Strasbourg. L'Union européenne est une organisation d'intégration, dotée de institutions propres comme la Commission, le Parlement et la Cour de justice, avec des compétences législatives transférées par les États membres.

Pourquoi parle-t-on de crise de la chaise vide en 1965-1966 ?

La France, sous de Gaulle, s'opposait à des propositions de financement de la PAC et à un renforcement du rôle supranational de la Commission. Elle a cessé de participer aux réunions du Conseil pendant plusieurs mois, bloquant les décisions. Le compromis de Luxembourg de janvier 1966 a mis fin à la crise, en reconnaissant de facto la possibilité, pour un État, de invoquer des intérêts vitaux, sans en définir précisément les conditions.

Quand l'euro est-il devenu une monnaie concrète pour les habitants ?

L'euro est devenu la monnaie officielle de onze États membres le 1er janvier 1999, mais uniquement sous forme scripturale, pour les transactions bancaires et comptables. Les pièces et billets en euros n'ont circulé qu'à partir du 1er janvier 2002, date à laquelle les monnaies nationales ont été retirées progressivement. La zone euro s'est ensuite élargie à d'autres États remplissant les critères de convergence.