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Comprendre le sujet

La sélection naturelle est le mécanisme décrit par Charles Darwin selon lequel les individus porteurs de caractères favorables à leur survie ou à leur reproduction laissent davantage de descendants. Ces caractères, souvent héréditaires, deviennent progressivement plus fréquents dans la population au fil des générations. Ce processus, agissant sur la variation génétique existante, constitue l'un des moteurs principaux de l'évolution des espèces, aux côtés de la dérive génétique, des mutations et des flux de gènes.

Le mécanisme darwinien en détail
La sélection naturelle repose sur trois conditions. D'abord, une variation de caractères doit exister entre les individus d'une même population. Ensuite, cette variation doit être héréditaire, c'est-à-dire transmissible aux descendants. Enfin, la disponibilité limitée des ressources entraîne une compétition : certains individus survivent ou se reproduisent mieux que d'autres selon leurs caractères. Au fil des générations, les allèles associés à un succès reproductif plus élevé augmentent en fréquence. Il est important de noter que la sélection agit sur les individus, mais que c'est la population qui évolue sur le long terme.

Sélection naturelle et sélection artificielle
La sélection artificielle, pratiquée par les humains depuis des millénaires, consiste à choisir les reproducteurs selon des critères souhaités, comme la taille des grains ou la douceur des animaux domestiques. Darwin s'appuie sur l'exemple des pigeons d'élevage pour illustrer ce pouvoir sélectif. La sélection naturelle diffère par son agent : aucun choix intentionnel n'intervient, seules les conditions de l'environnement favorisent certains caractères. Les résultats diffèrent aussi : la sélection artificielle peut produire des traits extrêmes mais parfois coûteux pour l'organisme, tandis que la sélection naturelle tend à favoriser des combinaisons viables dans un milieu donné.

Exemples et nuances
Le cas de la phalène linéaire (Biston betularia) en Angleterre industrielle est souvent cité : les formes sombres sont devenues plus fréquentes sur les troncs noircis par la pollution, puis ont décliné avec la dépollution. Ce cas illustre une corrélation entre environnement et fréquences des formes, appuyée par des expériences de prédation. La résistance aux antibiotiques montre aussi la sélection naturelle : les bactéries porteuses de mutations de résistance survivent au traitement et se multiplient, ce qui explique l'importance de suivre les prescriptions médicales. Les pinsons des Galápagos, étudiés notamment par Peter et Rosemary Grant, montrent des variations de taille de bec selon les disponibilités alimentaires.

Limites et coexistence des mécanismes
La sélection naturelle n'est pas le seul moteur de l'évolution. La dérive génétique, variation aléatoire des fréquences alléliques, peut l'emporter dans les petites populations et fixer des allèles neutres ou même défavorables. Les mutations introduisent de la variation mais sont le plus souvent neutres ou délétères. Les flux de gènes entre populations homogénéisent les fréquences. Par ailleurs, la sélection ne produit pas des organismes parfaits : elle optimise des compromis, comme entre la taille d'un ornement sexuel et les risques de prédation. Enfin, l'évolution ne suit aucun but ni direction prédéfinis.

Questions de révision

Quelle est la différence entre sélection naturelle et dérive génétique ?

La sélection naturelle est un processus non aléatoire : elle favorise les caractères qui augmentent la survie ou la reproduction. La dérive génétique est une variation aléatoire des fréquences alléliques, particulièrement marquée dans les petites populations, et peut fixer des allèles sans avantage adaptatif.

Pourquoi dit-on que la sélection naturelle agit sur les individus mais que ce sont les populations qui évoluent ?

La sélection favorise ou défavorise des individus selon leurs caractères, mais un individu ne change pas de génotype au cours de sa vie. C'est la fréquence des allèles dans la population qui se modifie au fil des générations : l'évolution est donc un phénomène populationnel.

Les caractères acquis au cours de la vie sont-ils transmis par la sélection naturelle ?

Non. Dans le cadre de la biologie moderne, seuls les caractères inscrits dans l'ADN des cellules reproductrices sont héréditaires. Un muscle développé par l'entraînement ou une cicatrice ne se transmettent pas. La sélection naturelle agit sur la variation génétique préexistante, pas sur les expériences individuelles acquises.