inégalités de revenus et courbe de Lorenz carte mentale
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Comprendre le sujet
Les inégalités de revenus se mesurent grâce à des outils développés par l'économiste Max Lorenz et l'économiste et statisticien Corrado Gini. La courbe de Lorenz représente la part du revenu total détenue par chaque fraction de la population, tandis que l'indice de Gini résume cette information en un seul chiffre. Cette carte mentale explique la construction du graphique, sa lecture, ses limites et les comparaisons entre pays européens.
Construire et lire une courbe de Lorenz
Pour construire une courbe de Lorenz, on classe les ménages par revenu croissant, puis on calcule le pourcentage cumulé de population et le pourcentage cumulé de revenu qu'ils perçoivent. Si l'égalité était parfaite, 20 % de la population gagnerait 20 % du revenu total, et la courbe coïnciderait avec la diagonale. En réalité, la courbe se situe en dessous : par exemple, les 20 % les plus modestes peuvent ne percevoir que 5 à 8 % du revenu total selon les pays. Plus la courbe est creusée vers le coin inférieur droit, plus la concentration des revenus est forte. La lecture se fait toujours en pourcentages cumulés, ce qui permet de comparer des populations de tailles différentes.
L'indice de Gini et son interprétation
L'indice de Gini, introduit par Corrado Gini en 1912, transforme la courbe de Lorenz en un nombre unique. Il correspond au rapport entre la surface située entre la diagonale et la courbe (surface A) et la surface totale sous la diagonale (A plus B). Sa valeur varie théoriquement de 0, égalité parfaite, à 1, situation extrême où une seule personne capterait tout le revenu. En pratique, les pays européens se situent souvent entre 0,25 et 0,35 après redistribution, tandis que certains pays très inégalitaires dépassent 0,45. Attention : deux distributions très différentes peuvent avoir le même indice de Gini, car l'indice ne décrit pas la forme exacte de la courbe.
Revenu primaire, revenu disponible et redistribution
Un point essentiel est de distinguer le revenu primaire, issu du marché (salaires, revenus du capital), du revenu disponible, après impôts et transferts sociaux. Les inégalités de revenu primaire sont généralement plus fortes que celles du revenu disponible : les prélèvements progressifs et les prestations réduisent l'écart. C'est pourquoi les comparaisons internationales doivent préciser quel concept est mesuré. En France et en Allemagne, la redistribution via l'impôt et la protection sociale abaisse sensiblement l'indice de Gini par rapport au revenu primaire. Les données proviennent d'enquêtes auprès des ménages et de sources fiscales, chacune avec ses limites, notamment la sous-estimation des très hauts revenus.
Limites de l'outil et compléments
La courbe de Lorenz et l'indice de Gini sont des outils précieux mais partiels. Ils mesurent les inégalités de revenu à un moment donné et ne renseignent ni sur la mobilité sociale, ni sur les inégalités de patrimoine, généralement plus concentrées, ni sur les écarts de niveau de vie selon l'âge ou la composition des ménages. D'autres indicateurs complètent l'analyse : rapports interdéciles comme le rapport entre le 9e et le 1e décile, ou part du revenu détenue par les 10 % les plus riches. Pour un examen, il faut savoir tracer la courbe, calculer un indice de Gini simple et commenter un graphique réel en précisant ses limites.
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Questions de révision
Que représente la diagonale à 45° sur une courbe de Lorenz ?
Elle représente l'égalité parfaite : chaque pourcentage cumulé de population perçoit le même pourcentage cumulé de revenu. Par exemple, 40 % de la population gagnerait 40 % du revenu total. Plus la courbe de Lorenz réelle s'éloigne de cette diagonale, plus la distribution des revenus est inégalitaire.
Comment calcule-t-on l'indice de Gini à partir de la courbe de Lorenz ?
On divise la surface A, située entre la diagonale d'égalité parfaite et la courbe de Lorenz, par la surface totale située sous la diagonale (A plus B). Le résultat varie de 0 à 1 : plus il est proche de 0, plus la distribution est égalitaire ; plus il est proche de 1, plus elle est concentrée.
Pourquoi l'indice de Gini diffère-t-il selon qu'on mesure le revenu primaire ou le revenu disponible ?
Le revenu primaire provient du marché, avant toute intervention publique, tandis que le revenu disponible tient compte des impôts et des transferts sociaux. Comme l'impôt progressif et les prestations réduisent les écarts, l'indice de Gini calculé sur le revenu disponible est généralement plus faible que celui calculé sur le revenu primaire.