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Comprendre le sujet
L'unification italienne, ou Risorgimento, désigne le processus politique qui a réuni les États de la péninsule en un royaume unique entre 1815 et 1870. Après le congrès de Vienne, l'Italie était morcelée entre royaumes, duchés et États pontificaux, souvent sous influence autrichienne. Porté par des mouvements nationalistes, des révoltes et l'action diplomatique du royaume de Sardaigne, ce processus aboutit à la proclamation de Victor-Emmanuel II comme roi d'Italie en 1861, puis à l'annexion de Rome en 1870.
Un processus par étapes, non un événement unique
L'unification italienne s'est déroulée par phases distinctes sur plus de cinquante ans. Après les tentatives révolutionnaires des années 1820 et 1830, l'échec de 1848-1849 a montré que l'insurrection populaire seule ne suffisait pas face à l'Autriche. La voie choisie ensuite fut celle du royaume de Sardaigne, combinant diplomatie, alliances et guerres limitées. Chaque étape d'expansion territoriale s'est appuyée sur des plébiscites, dont la régularité a été discutée par les historiens. Rome n'est devenue capitale qu'en 1871, et la Vénétie n'a été rattachée qu'en 1866, ce qui montre que 1861 marque une étape décisive mais non la fin complète du processus.
Mazzini, Cavour et Garibaldi : trois rôles complémentaires
Trois figures incarnent des stratégies différentes de l'unification. Mazzini défendait une Italie unie et républicaine, construite par l'action du peuple, mais ses insurrections ont échoué. Cavour, homme d'État pragmatique, privilégiait une monarchie constitutionnelle dirigée par le Piémont et cherchait des appuis internationaux, notamment auprès de la France de Napoléon III. Garibaldi, ancien compagnon d'armes de Mazzini, a mené l'expédition des Mille en 1860 et conquis le royaume des Deux-Siciles, avant de remettre ses conquêtes à Victor-Emmanuel II. L'unification résulte donc de la combinaison de ces trois voies, souvent en tension.
Le rôle des puissances étrangères
Aucune étape décisive ne s'est produite sans contexte international favorable. La France de Napoléon III a soutenu le Piémont lors de la guerre de 1859, tout en signant une paix séparée à Villafranca qui a déçu les nationalistes. La Grande-Bretagne a favorisé diplomatiquement l'unification, y voyant un contrepoids à l'Autriche. En 1866, l'alliance avec la Prusse de Bismarck a permis d'obtenir la Vénétie, et en 1870 la guerre franco-prussienne a retiré la protection française du pape, ouvrant la voie à la prise de Rome. L'unification italienne illustre ainsi l'importance des conjonctures européennes dans les nationalismes du XIXe siècle.
Les limites du nouvel État
L'Italie unifiée restait fragile. En 1861, une grande partie des habitants parlaient des dialectes ou des langues régionales plutôt que l'italien standard, ce qui a nourri la formule attribuée à Massimo d'Azeglio sur l'Italie faite et les Italiens à faire. Le Sud a connu un banditisme et une répression sévères après l'annexion, interprétés comme une véritable guerre civile par certains historiens. Le conflit avec le pape, qui se considérait comme prisonnier au Vatican, a divisé l'opinion catholique. Ces tensions entre Nord et Sud, entre État et Église, ont marqué toute l'histoire du royaume.
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Questions de révision
Pourquoi parle-t-on de Risorgimento pour désigner l'unification italienne ?
Risorgimento signifie résurgence ou renaissance. Le terme exprime l'idée que l'Italie, après des siècles de division depuis l'Antiquité, renouait avec une unité perdue. Il désigne à la fois le processus politique de 1815 à 1870 et le mouvement culturel et littéraire qui l'a accompagné, porté par des intellectuels nationalistes.
Quel a été le rôle exact de Garibaldi dans l'expédition des Mille ?
En 1860, Garibaldi a embarqué avec environ un millier de volontaires, les Mille, pour soutenir une insurrection en Sicile. Il a pris Palerme puis Naples, renversant le royaume des Deux-Siciles. Plutôt que de proclamer une république comme le souhaitait Mazzini, il a remis les territoires conquis à Victor-Emmanuel II, ce qui a permis leur rattachement au futur royaume d'Italie après plébiscite.
Rome était-elle la capitale dès la proclamation du royaume d'Italie en 1861 ?
Non. En 1861, Turin est devenue la première capitale, remplacée par Florence en 1865. Rome appartenait encore aux États pontificaux et était protégée par une garnison française. Ce n'est qu'en septembre 1870, après le départ des troupes françaises mobilisées contre la Prusse, que l'Italie a pris Rome, qui est devenue capitale officielle en 1871.