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Comprendre le sujet
L'utilitarisme est une théorie morale conséquentialiste selon laquelle la valeur d'une action dépend de ses conséquences, notamment du bonheur ou du bien-être qu'elle produit. Formulée par Jeremy Bentham à la fin du XVIIIe siècle et développée par John Stuart Mill au XIXe siècle, elle propose de maximiser le bonheur du plus grand nombre. Cette carte mentale présente ses principes fondamentaux, ses variantes, ses penseurs majeurs et les objections classiques qu'elle soulève en philosophie morale.
De Bentham à Mill : continuité et rupture
Jeremy Bentham élabore le principe de plus grand bonheur dans son ouvrage de 1789, où le bonheur s'entend de plaisir et d'absence de douleur, mesurables quantitativement grâce au calcul hédoniste. John Stuart Mill, élevé dans cette tradition par son père James Mill et influencé par Bentham, publie L'Utilitarisme en 1863. Il conserve le principe de base mais introduit une hiérarchie qualitative des plaisirs : les plaisirs intellectuels et moraux valent davantage que les plaisirs physiques. Cette révision répond à l'objection selon laquelle la doctrine réduirait la vie humaine à une poursuite animale de satisfaction, sans renoncer au conséquentialisme.
Utilitarisme de l'acte et des règles
L'utilitarisme de l'acte évalue chaque action isolément : on choisit à chaque fois l'option qui produit le meilleur résultat global. L'utilitarisme des règles, développé plus tard notamment par des penseurs comme Richard Brandt, évalue plutôt les règles elles-mêmes : une règle est bonne si sa généralisation maximise le bien-être, et l'agent suit les règles utiles même quand une exception ponctuelle semblerait avantageuse. Cette distinction vise à résoudre des problèmes pratiques, comme le risque d'injustice dans les décisions individuelles, et à rendre la théorie compatible avec des institutions stables. Le débat entre ces deux versions reste central en éthique contemporaine.
Principales objections
La critique la plus célèbre porte sur la justice : dans certains cas extrêmes, maximiser le bien-être global pourrait justifier de sacrifier les intérêts d'un innocent, ce que beaucoup jugent inacceptable. Henry Sidgwick et d'autres ont reconnu cette tension, et John Rawls a soutenu au XXe siècle que l'utilitarisme néglige la distinction entre les personnes. D'autres objections visent l'exigence de la théorie, qui semble demander de toujours agir pour le bien global, et l'impossibilité pratique de mesurer et comparer les plaisirs de différents individus. Les utilitaristes répondent souvent par des arguments sur les règles, les droits ou les préférences.
Utilitarisme et conséquentialisme
L'utilitarisme est une forme de conséquentialisme, mais les deux termes ne sont pas synonymes. Le conséquentialisme affirme seulement que la valeur morale d'une action dépend de ses conséquences, sans préciser ce qui compte comme un bon résultat. L'utilitarisme précise ce critère : le résultat pertinent est le bien-être, le bonheur ou la satisfaction des préférences, distribué de manière impartiale entre tous les individus concernés. Il existe donc des conséquentialismes non utilitaristes, qui valorisent d'autres biens comme l'égalité ou les accomplissements humains. Cette distinction permet de situer l'utilitarisme dans le paysage plus large des théories éthiques, face au déontologisme de Kant et à l'éthique des vertus d'inspiration aristotélicienne.
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Questions de révision
Quelle est la différence entre l'utilitarisme de Bentham et celui de Mill ?
Bentham défend un hédonisme quantitatif : tous les plaisirs se comparent par leur intensité, leur durée et leur probabilité. Mill ajoute une dimension qualitative : certains plaisirs, comme ceux de l'esprit et de la moralité, sont intrinsèquement supérieurs aux plaisirs purement sensibles, même s'ils procurent moins de satisfaction immédiate.
Pourquoi dit-on que l'utilitarisme est une théorie conséquentialiste ?
Parce qu'elle juge la moralité d'une action uniquement d'après ses conséquences, et non d'après les intentions de l'agent ou la nature de l'acte lui-même. Une action est bonne si elle produit le plus grand bien-être possible pour le plus grand nombre de personnes concernées.
Qu'est-ce que l'objection de la justice contre l'utilitarisme ?
Elle souligne que maximiser le bien-être global pourrait, dans des cas limites, justifier de sacrifier les droits d'un innocent au bénéfice du plus grand nombre. Des penseurs comme John Rawls ont estimé que l'utilitarisme ne respecte pas suffisamment la séparation entre les personnes, ce qui a poussé certains utilitaristes vers l'utilitarisme des règles.