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défaillance du marché carte mentale

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Comprendre le sujet

La défaillance du marché désigne les situations où le marché, laissé à lui-même, ne parvient pas à une allocation efficace des ressources. Ce concept central de la microéconomie couvre les externalités, les biens publics, les monopoles et les asymétries d'information. La carte mentale organise ces mécanismes, leurs conséquences sur le bien-être collectif et les principales interventions publiques possibles, comme la taxation, la réglementation ou la fourniture directe de services.

Pourquoi le marché peut échouer
Le modèle de concurrence pure et parfaite repose sur des hypothèses fortes : atomicité des agents, transparence de l'information, libre entrée et sortie, homogénéité des produits et absence d'externalités. Dès qu'une de ces conditions n'est pas remplie, l'équilibre de marché peut s'éloigner de l'optimum de Pareto, c'est-à-dire d'une situation où on ne peut améliorer le bien-être d'un agent sans dégrader celui d'un autre. La défaillance du marché n'est donc pas une anomalie rare : elle correspond à des situations très courantes, comme la pollution, l'assurance ou les réseaux d'infrastructure, où les prix ne transmettent pas toute l'information sociale pertinente.

Externalités et instruments de correction
Une externalité survient lorsque l'activité d'un agent affecte le bien-être d'un autre sans compensation monétaire. Un pollueur qui ne supporte pas le coût de ses émissions produit trop par rapport à l'intérêt collectif. Arthur Pigou a proposé de taxer l'activité nuisible d'un montant égal au dommage marginal, ce qui internalise l'externalité. À l'inverse, les externalités positives, comme la vaccination ou la recherche, justifient des subventions. Les marchés de quotas d'émission offrent une alternative fondée sur les quantités : l'État fixe un plafond global et laisse le marché déterminer le prix du droit à polluer.

Information incomplète et comportements stratégiques
George Akerlof a illustré en 1970 la sélection adverse avec le marché des voitures d'occasion : si les acheteurs ne distinguent pas les bonnes des mauvaises voitures, ils n'offrent qu'un prix moyen, ce qui chasse les bons produits du marché. Après la signature du contrat, l'aléa moral apparaît lorsque l'assuré, protégé par sa couverture, adopte un comportement moins prudent. Les agents répondent par des signaux coûteux, comme les garanties ou les diplômes, et par le filtrage des candidats. Ces mécanismes expliquent pourquoi l'assurance et le crédit sont souvent réglementés.

Intervenir n'est pas toujours optimal
La présence d'une défaillance du marché ne garantit pas que l'intervention publique améliore la situation. L'État dispose lui aussi d'une information limitée, subit des pressions des groupes d'intérêt et supporte des coûts administratifs. La théorie des choix publics, développée notamment par James Buchanan, montre que les décideurs poursuivent aussi leurs intérêts propres. En pratique, il faut comparer les coûts de la défaillance du marché avec ceux d'un éventuel échec de l'État : certaines réglementations mal conçues créent des barrières à l'entrée ou des rentes, aggravant le problème initial qu'elles prétendaient résoudre.

Questions de révision

Quelle est la différence entre un bien public et une ressource commune ?

Un bien public pur est à la fois non rival et non excluable, comme l'éclairage public : personne ne peut en être écarté et la consommation de l'un ne réduit pas celle des autres. Une ressource commune, comme une pêcherie, est rivale mais non excluable : chacun peut l'exploiter, mais l'usage de l'un réduit la quantité disponible pour les autres, ce qui conduit à la surexploitation.

Comment une taxe pigouvienne corrige-t-elle une externalité négative ?

La taxe fait payer au polluteur le coût marginal social de son activité, absent du prix de marché. En intégrant ce coût dans ses calculs, le producteur réduit son niveau d'activité jusqu'à ce que le bénéfice marginal privé égalise le coût marginal social, ce qui rapproche l'équilibre de l'optimum collectif, à condition que le dommage soit correctement estimé.

Pourquoi la sélection adverse peut-elle faire disparaître un marché ?

Quand le vendeur en sait plus que l'acheteur sur la qualité du produit, l'acheteur n'accepte de payer qu'un prix correspondant à la qualité moyenne. Les vendeurs de produits de bonne qualité, dont la valeur dépasse ce prix moyen, se retirent du marché. La qualité moyenne offerte baisse alors, ce qui pousse les prix encore plus bas et peut détruire totalement les échanges, comme dans l'exemple des voitures d'occasion d'Akerlof.