développement moral Kohlberg carte mentale
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Comprendre le sujet
Le développement moral selon Lawrence Kohlberg décrit l'évolution du jugement moral à travers trois niveaux, chacun divisé en deux stades : préconventionnel, conventionnel et postconventionnel. Inspiré par Piaget et fondé sur des dilemmes moraux comme le dilemme de Heinz, ce modèle explique comment une personne justifie ses choix moraux, indépendamment de la réponse elle-même. La carte mentale présente les stades, les critiques de Gilligan et les applications éducatives.
Les trois niveaux et six stades
Kohlberg organise le jugement moral en trois niveaux de deux stades. Au niveau préconventionnel, la morale repose sur les conséquences personnelles : éviter la punition (stade 1) ou maximiser son intérêt (stade 2). Au niveau conventionnel, l'individu se conforme aux attentes de son entourage (stade 3) puis aux lois et à l'ordre social (stade 4). Au niveau postconventionnel, il juge les lois à l'aune de contrats sociaux et de droits (stade 5) ou de principes éthiques universels comme la dignité humaine (stade 6). Ce qui compte pour Kohlberg n'est pas la décision prise, mais la structure de raisonnement qui la justifie.
Le dilemme de Heinz comme méthode
Pour sonder le raisonnement moral, Kohlberg utilisait des dilemmes hypothétiques, dont le plus célèbre est celui de Heinz : un homme hésite à voler un médicament trop cher pour sauver son épouse malade. La réponse importe peu ; ce sont les justifications qui révèlent le stade. Un raisonnement de stade 1 invoque la punition, un stade 3 le regard des autres, un stade 5 le droit à la vie face à la propriété. Cette méthode, fondée sur des entretiens approfondis, a nourri des études longitudinales suivies sur plusieurs décennies.
Les critiques de Gilligan et des culturalistes
Carol Gilligan, ancienne collaboratrice de Kohlberg, a soutenu que la théorie valorise une morale de la justice abstraite et sous-estime une éthique du soin et des relations, qu'elle a appelée « voix du care ». D'autres chercheurs ont souligné un possible biais culturel : les stades supérieurs reflètent des valeurs libérales occidentales et seraient moins universels que prétendu. Enfin, un écart bien documenté existe entre jugement moral et comportement réel : on peut raisonner à un niveau élevé et agir autrement sous pression sociale ou émotionnelle.
Applications éducatives et prolongements
Kohlberg a inspiré des pratiques pédagogiques, notamment les dilemmes moraux discutés en classe : confronter des élèves à des raisonnements un stade au-dessus du leur favoriserait, selon lui, une progression du jugement. Son modèle a aussi nourri des débats avec d'autres approches, comme la théorie des domaines de Elliot Turiel, qui distingue normes sociales conventionnelles et questions morales, ou les travaux de James Rest sur la sensibilité, le jugement, la motivation et le caractère moraux. Ces prolongements nuancent l'idée d'une seule échelle universelle du développement moral.
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Questions de révision
Pourquoi la réponse donnée au dilemme de Heinz importe-t-elle moins que sa justification ?
Parce que Kohlberg étudie la structure du raisonnement moral, pas la décision. Deux personnes peuvent dire « oui » ou « non » pour des raisons relevant de stades différents : craindre la punition, préserver son image, respecter la loi ou invoquer un principe universel. C'est l'argument avancé qui situe le sujet dans un stade.
Quelle est la principale critique formulée par Carol Gilligan envers la théorie de Kohlberg ?
Gilligan estime que la théorie privilégie une morale de la justice et des droits abstraits, issue d'échantillons masculins, et néglige une éthique du soin centrée sur les relations et la responsabilité envers autrui. Elle ne rejette pas le modèle, mais propose une perspective complémentaire, dite du care.
Toute personne atteint-elle le niveau postconventionnel à l'âge adulte ?
Non. Selon les données de Kohlberg, une minorité d'adultes raisonne de façon postconventionnelle ; la plupart se situent au niveau conventionnel, centré sur les attentes sociales et la loi. Le développement moral n'est pas automatique avec l'âge et dépend des expériences, de l'éducation et des occasions de débat moral.