évaluation des investissements carte mentale
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Comprendre le sujet
L'évaluation des investissements (investment appraisal) regroupe les techniques permettant de décider si un projet mérite d'être financé. Elle compare les flux de trésorerie futurs d'un projet à son coût initial, en tenant compte de la valeur temps de l'argent et du risque. Les méthodes principales sont la valeur actuelle nette, le taux de rentabilité interne, l'indice de profitabilité, le délai de récupération et le taux de rendement comptable, chacune avec ses forces et ses limites.
VAN ou TRI : quel critère choisir ?
La VAN mesure en unités monétaires la valeur créée par un projet après actualisation des flux au coût du capital, tandis que le TRI exprime un taux de rendement relatif. Pour des projets indépendants, les deux critères conduisent généralement à la même décision. En cas de projets mutuellement exclusifs de tailles ou de durées différentes, ils peuvent diverger : la VAN reste alors le critère de référence, car elle suppose un réinvestissement au coût du capital, hypothèse plus réaliste que le taux de TRI implicite dans le TRI. Le TRI conserve néanmoins une forte popularité auprès des gestionnaires pour son expression intuitive en pourcentage.
Les méthodes simples et leurs limites
Le délai de récupération et le taux de rendement comptable sont qualifiés de méthodes simples. Le premier indique combien de temps il faut pour récupérer la mise de départ, ce qui séduit les entreprises soucieuses de liquidité, mais il ignore les flux postérieurs à la récupération et, dans sa version de base, la valeur temps de l'argent. Le second s'appuie sur le résultat comptable moyen plutôt que sur les flux de trésorerie, ce qui le rend sensible aux choix d'amortissement. Ces méthodes servent souvent de filtre préliminaire avant une analyse actualisée plus rigoureuse, plutôt que de critères de décision autonomes.
Estimer correctement les flux de trésorerie
Une évaluation fiable repose sur des flux différentiels : seuls les mouvements de trésorerie qui changent du fait du projet doivent être retenus. Les coûts irrécupérables sont exclus, tandis que les coûts d'opportunité et les effets sur les ventes d'autres produits sont inclus. L'amortissement n'est pas un flux, mais il réduit l'impôt et crée donc une économie fiscale à intégrer. Il faut aussi comptabiliser les variations du besoin en fonds de roulement et la valeur résiduelle en fin de projet. Le taux d'actualisation doit refléter le risque du projet, pas nécessairement le coût moyen pondéré du capital de l'entreprise.
Rationnement du capital et analyse du risque
Lorsque le budget disponible est limité, choisir tous les projets à VAN positive devient impossible : l'indice de profitabilité permet alors de classer les projets selon la valeur créée par unité de capital investi. Le risque s'apprécie par plusieurs outils complémentaires : l'analyse de sensibilité fait varier une hypothèse à la fois, les scénarios combinent plusieurs hypothèses, et la simulation attribue des distributions de probabilités aux variables clés. Certains praticiens ajustent aussi le taux d'actualisation à la hausse, une approche critiquée car elle mélange risque et valeur temps de l'argent de façon approximative.
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Questions de révision
Quand la VAN et le TRI donnent-ils des décisions contradictoires ?
Pour des projets mutuellement exclusifs de tailles ou de durées différentes, le TRI peut favoriser un petit projet très rentable alors que la VAN privilégie un projet créant plus de valeur absolue. Des flux non conventionnels, avec des signes qui changent plusieurs fois, peuvent aussi produire plusieurs TRI. Dans ces situations, la VAN est le critère à retenir.
Pourquoi le délai de récupération est-il critiqué malgré sa popularité ?
Il ignore les flux de trésorerie postérieurs à la récupération de l'investissement et, dans sa version simple, ne tient pas compte de la valeur temps de l'argent. Deux projets avec le même délai peuvent donc avoir des VAN très différentes. Il reste utilisé comme indicateur de liquidité et de risque, souvent complété par la version actualisée.
Que faut-il inclure dans les flux de trésorerie pertinents d'un projet ?
Uniquement les flux différentiels : les entrées et sorties qui existent grâce au projet. On exclut les coûts irrécupérables, mais on inclut les coûts d'opportunité, les effets cannibalisants ou complémentaires sur d'autres produits, l'économie d'impôt liée à l'amortissement, les variations du besoin en fonds de roulement et la valeur résiduelle finale.