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Jeremy Bentham et l'utilitarisme carte mentale

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Comprendre le sujet

Cette carte mentale présente la philosophie de Jeremy Bentham, fondateur de l'utilitarisme classique. Elle explique le principe de la plus grande félicité du plus grand nombre, le calcul félicitifique fondé sur les plaisirs et les peines, la critique des droits naturels au profit d'utilités juridiques, ainsi que des projets concrets comme le panoptique. Elle situe aussi l'influence de Bentham sur Mill, le droit et les réformes sociales britanniques.

Le principe d'utilité expliqué
Pour Bentham, la nature place l'humanité sous la gouverne de deux maîtres : le plaisir et la peine. Le principe d'utilité en découle : une action, une loi ou une institution est approuvée selon sa tendance à augmenter le bonheur des personnes concernées. Il ne s'agit pas d'égoïsme individuel, mais d'une somme collective : le législateur doit additionner les plaisirs et les peines de tous. Cette approche rend la morale évaluable et publique, contrairement aux appels à la vertu ou au droit naturel, que Bentham juge vagues et dangereux pour fonder des réformes concrètes.

Le calcul félicitifique et ses limites
Le calcul félicitifique propose d'évaluer une action selon sept dimensions : intensité, durée, certitude, proximité, fécondité, pureté et étendue. Par exemple, une loi scolaire se juge sur le bien-être qu'elle produit pour l'ensemble des élèves, pas sur des principes abstraits. Les critiques portent surtout sur la comparabilité des plaisirs : peut-on vraiment additionner des expériences hétérogènes ? Bentham admet que le calcul est un guide approximatif pour le législateur, non une machine de décision. Mill répondra plus tard en introduisant des qualités de plaisirs, rompant avec l'homogénéité benthamienne.

Le panoptique et la réforme des institutions
Le panoptique, imaginé par Bentham à la fin du XVIIIe siècle pour la surveillance des prisonniers, illustre son utilitarisme appliqué. Une tour centrale permet à un surveillant unique d'observer des cellules disposées en anneau, sans que les détenus sachent s'ils sont observés. L'objectif est utilitariste : réduire les coûts, diminuer la violence et favoriser l'amendement par l'autodiscipline. Le projet n'a pas été réalisé selon ses plans, mais il a nourri des débats durables sur la surveillance, notamment l'analyse de Michel Foucault dans Surveiller et punir, qui y voit un modèle de pouvoir disciplinaire moderne.

Bentham, Mill et les critiques de l'utilitarisme
Bentham fonde l'utilitarisme classique, mais John Stuart Mill le transforme dans L'Utilitarisme (1863). Contre l'idée que tous les plaisirs se valent, Mill soutient qu'un plaisir intellectuel vaut plus qu'un plaisir physique, et qu'il vaut mieux être Socrate mécontent qu'un imbécile satisfait. D'autres objections persistent : l'utilitarisme semble autoriser de sacrifier une minorité si le bénéfice majoritaire est suffisant, et le bonheur reste difficile à mesurer. Ces débats ont donné naissance à des variantes, comme l'utilitarisme de la règle, et continuent d'alimenter la philosophie morale et l'économie du bien-être.

Questions de révision

Quelle est la différence entre l'utilitarisme de Bentham et celui de Mill ?

Bentham évalue les actions par la quantité de plaisir produit, tous les plaisirs étant comparables. Mill introduit une hiérarchie qualitative : les plaisirs intellectuels et moraux valent plus que les plaisirs physiques, même en quantité moindre. Mill reste fidèle au principe de la plus grande félicité, mais refuse la réduction du bonheur à une simple somme quantitative.

À quoi sert le calcul félicitifique chez Bentham ?

C'est un outil d'évaluation destiné au législateur et à l'individu : on estime une action ou une loi selon l'intensité, la durée, la certitude, la proximité, la fécondité, la pureté et l'étendue des plaisirs et des peines qu'elle produit. Bentham le conçoit comme un guide approximatif rendant la morale et la législation comparables et réformables, non comme un calcul exact du bonheur.

Pourquoi Bentham critique-t-il les droits naturels ?

Dans Anarchical Fallacies, Bentham juge que les droits naturels sont des fictions rhétoriques sans fondement clair, susceptibles de justifier des revendications illimitées et dangereuses. Il préfère des droits légaux créés par des institutions utiles, évalués selon leur contribution au bien-être général. Cette position vise des réformes concrètes plutôt que des déclarations de principes abstraits.