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Comprendre le sujet

Salvatore Quasimodo (1901-1968) est un poète italien, figure majeure du XXe siècle. Associé à l'hermétisme, il évolue d'une poésie intime et obscure vers un engagement civil après la Seconde Guerre mondiale, notamment dans « Giorno dopo giorno ». Traducteur de poètes grecs et latins, il reçoit le prix Nobel de littérature en 1959, consacrant son rôle dans la poésie européenne moderne.

De l'hermétisme à la poésie civile
Les premiers recueils de Quasimodo, comme « Acque e terre » (1930) et « Ed è subito sera » (1942), sont rattachés à l'hermétisme : une poésie brève, dense et volontairement obscure, qui privilégie l'image et le silence plutôt que le récit. Ce nom vient d'une critique de Francesco Flora publiée en 1936, qui regroupait sous ce terme plusieurs jeunes poètes. Après la guerre et la chute du fascisme, Quasimodo oriente sa voix vers l'engagement : « Giorno dopo giorno » (1947) intègre la mémoire de la résistance et la dénonciation des injustices, sans abandonner la concision lyrique de ses débuts.

« Alle fronde dei salici » et la mémoire de la guerre
Le poème « Alle fronde dei salici », écrit pendant l'occupation allemande de Rome en 1944, est l'un des textes les plus étudiés de l'auteur. Le saule, arbre traditionnellement associé au deuil, devient le symbole des poètes et des hommes tués par la violence de la guerre. Le texte marque le passage de Quasimodo vers une poésie de témoignage : il y exprime la honte d'avoir gardé le silence face aux persécutions. Ce poème ouvre le recueil « Giorno dopo giorno » et illustre la tension entre lyrisme intime et responsabilité historique qui caractérise sa seconde manière.

Le traducteur et le Nobel
Parallèlement à son œuvre originale, Quasimodo consacre une part importante de son travail à la traduction. Il fait passer en italien moderne des poètes grecs et latins, des tragédies de Shakespeare et des textes évangéliques, contribuant à renouveler la langue poétique italienne du XXe siècle. En 1959, il reçoit le prix Nobel de littérature, la même année que la reconnaissance internationale de la poésie italienne d'après-guerre. Dans son discours de Stockholm, il défend une poésie ouverte sur la société, confirmant l'évolution engagée de sa dernière période créative.

Quasimodo, Ungaretti et Montale
On regroupe souvent Quasimodo avec Giuseppe Ungaretti et Eugenio Montale au sein de la grande poésie italienne du XXe siècle, mais leurs démarches diffèrent. Ungaretti réduit le vers à l'essentiel et travaille la musicalité ; Montale construit une poésie de « choses » négatives, ironique et métaphysique. Quasimodo, lui, privilégie la tension émotionnelle et l'image sensuelle, souvent ancrée dans la Sicile natale. Comparer ces trois auteurs aide à comprendre les nuances de l'hermétisme : le terme désigne une tendance commune, non un style uniforme, et chacun l'a dépassé à sa manière.

Questions de révision

Pourquoi parle-t-on d'hermétisme à propos de Quasimodo ?

Parce que ses premiers recueils, comme « Ed è subito sera » (1942), présentent une poésie brève, dense et difficile d'accès, fondée sur l'image et l'ellipse. Le terme vient d'une critique de Francesco Flora (1936) qui regroupait plusieurs jeunes poètes. Chez Quasimodo, cette obscurité exprime une quête de l'essentiel et une réaction contre la rhétorique de l'époque fasciste.

Comment la poésie de Quasimodo change-t-elle après la Seconde Guerre mondiale ?

Elle s'oriente vers l'engagement civil : dans « Giorno dopo giorno » (1947), notamment avec « Alle fronde dei salici », le poète intègre la mémoire de la guerre, de la résistance et la dénonciation des injustices. Il conserve toutefois la concision et la force lyrique de sa première manière, ce qui distingue son engagement d'une poésie purement militante.

Quelle est l'importance du prix Nobel reçu par Quasimodo ?

Le prix Nobel de littérature 1959 consacre Quasimodo comme l'une des grandes voix poétiques du XXe siècle et met en lumière la poésie italienne d'après-guerre à l'échelle internationale. Il récompense l'ensemble d'une œuvre qui va de l'hermétisme des années 1930 à la poésie civile d'après 1945, ainsi que son travail de traducteur des classiques grecs et latins.