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Comprendre le sujet
Le néoréalisme italien est un courant cinématographique né pendant et après la Seconde Guerre mondiale, entre 1943 et le début des années 1950. Face à la ruine du pays, des réalisateurs comme Rossellini, De Sica et Visconti filment la vie quotidienne des pauvres et des ouvriers, tournent en décor réel et emploient souvent des acteurs non professionnels. Ce mouvement rompt avec les conventions du cinéma des telefoni bianchi et influence durablement le cinéma mondial, de la Nouvelle Vague française au néoréalisme documentaire.
Naissance du mouvement
Le néoréalisme émerge dans l'Italie libérée du fascisme, entre 1943 et 1948. Le film Ossessione de Visconti, tourné en 1943, est souvent considéré comme un précurseur, mais Roma, città aperta de Rossellini, réalisé dans un Rome encore marquée par l'occupation, en constitue la reconnaissance internationale. Les studios Cinecittà étant partiellement détruits ou réquisitionnés, les cinéastes tournent dans la rue, ce qui devient un choix esthétique autant qu'une nécessité. Le mouvement s'épanouit dans l'immédiat après-guerre, avant de s'affaiblir au début des années 1950 avec la reconstruction économique du pays.
Le manifeste de Zavattini
Le scénariste Cesare Zavattini, collaborateur de De Sica, formule la théorie du mouvement dans son texte de 1953, Algunas ideas sobre el cine, souvent cité sous le titre Une idée sur le cinéma. Il y défend un cinéma qui élimine l'intrigue inventée au profit de la durée réelle et des situations ordinaires : le film idéal raconterait quatre-vingt-dix minutes de la vie d'un homme quelconque. Ladri di biciclette illustre cette conception, avec son père et son fils cherchant un vélo volé, sans résolution spectaculaire. Cette théorie reste néanmoins un idéal plus qu'une pratique universelle des films du courant.
Œuvres et distinctions
Les films du mouvement ne partagent pas un style uniforme. Roma, città aperta mêle intrigue de Résistance et ton documentaire, avec la actrice non professionnelle Anna Magnani dans un rôle devenu emblématique. Sciuscià suit deux garçons cireurs de chaussures à Naples et reçoit un Oscar honorifique en 1947. La Terra trema de Visconti, tourné en sicilien avec des pêcheurs non professionnels, durera près de trois heures dans sa version intégrale. Umberto D. de De Sica, en 1952, est souvent cité comme le dernier grand film néoréaliste, portrait d'un retraité âgé face à l'indigence.
Réception et postérité
La réception du néoréalisme fut contrastée. À l'étranger, les films remportent de grands prix, mais en Italie, certains responsables politiques et une partie du public leur reprochent une image pessimiste du pays. Le mouvement n'a jamais eu de manifeste collectif signé par tous ses membres, et les historiens débattent encore de ses limites chronologiques. Son influence est pourtant durable : la Nouvelle Vague française, le cinéma de Satyajit Ray en Inde et de nombreux courants de cinéma social s'en réclament. Le terme néoréalisme est aussi appliqué, par analogie, à la littérature italienne d'après-guerre.
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Questions de révision
Pourquoi les films néoréalistes sont-ils tournés en décor réel ?
Au sortir de la guerre, les studios Cinecittà sont endommagés ou indisponibles, ce qui pousse les cinéastes à tourner dans les rues. Cette contrainte devient ensuite un principe esthétique : le décor réel ancre les récits dans la société italienne d'après-guerre et renforce l'effet de vérité recherché par le mouvement.
Qu'est-ce que Ladri di biciclette illustre-t-il du néoréalisme ?
Le film de De Sica (1948) réunit les traits du courant : un sujet humble, la recherche d'un vélo volé par un ouvrier et son fils, des acteurs non professionnels, un tournage dans Rome et une fin ouverte sans dénouement heureux. Il incarne l'idéal de Zavattini d'un cinéma attentif au quotidien ordinaire.
Le néoréalisme s'est-il arrêté à une date précise ?
Non, il n'existe pas de fin officielle. Les historiens situent généralement son déclin au début des années 1950, avec la reprise économique italienne et le retour de productions plus commerciales. Umberto D. (1952) est souvent cité comme un dernier grand film, mais l'influence du courant se poursuit dans la comédie italienne et le cinéma d'auteur.