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Comprendre le sujet

La République romaine, instaurée vers 509 av. J.-C. après la fin de la royauté, a duré près de cinq siècles. Elle repose sur un système de magistratures annuelles, un Sénat influent et des assemblées populaires, avec un équilibre fragile entre aristocratie et plèbe. Son expansion en Italie puis en Méditerranée a transformé sa société et ses institutions, jusqu'aux guerres civiles du Ier siècle av. J.-C. qui mènent à l'instauration du principat par Auguste.

Un régime sans séparation moderne des pouvoirs
La République romaine ne sépare pas les pouvoirs comme les constitutions modernes : elle répartit le pouvoir entre des magistratures collégiales, annuelles et gratuites. Les consuls dirigent la guerre et convoquent le Sénat, mais leur collégialité permet à chacun de s'opposer à l'autre par l'interdit. Le Sénat, composé d'anciens magistrats, n'a pas de pouvoir législatif formel, mais son autorité morale, sa maîtrise des finances et de la politique étrangère en font le centre réel des décisions. Les assemblées élisent les magistrats et votent les lois, mais le système de vote par unités favorise les citoyens les plus riches.

La lutte de la plèbe et l'équilibre patriciat-plèbe
Au début de la République, les patriciens détiennent seuls les magistratures et la connaissance des règles religieuses et juridiques. La plèbe obtient progressivement des droits : les tribuns de la plèbe, protecteurs inviolables, la loi des Douze Tables qui rend le droit accessible par écrit, puis l'accès au consulat avec les lois Liciniennes vers 367 av. J.-C. Ce conflit, appelé lutte du patriciat et de la plèbe, ne se traduit pas par une démocratie égalitaire : une élite plébéienne rejoint l'aristocratie et forme une noblesse dirigeante, tandis que les citoyens pauvres restent dépendants des grands.

Conquêtes et conséquences internes
Les guerres puniques, notamment contre Hannibal, font de Rome la puissance dominante de Méditerranée occidentale, puis les victoires sur la Macédoine et la Grèce étendent son influence en Orient. Ces conquêtes transforment la société : afflux d'esclaves, enrichment des élites, développement de grandes exploitations agricoles au détriment des petites paysanneries, et création de provinces gouvernées par d'anciens magistrats. Les alliés italiques, privés longtemps de la citoyenneté, se révoltent lors de la guerre sociale (90-88 av. J.-C.), qui aboutit à une extension large de la citoyenneté en Italie.

La crise du Ier siècle et la fin du régime
Au Ier siècle av. J.-C., les généraux s'appuient sur des armées attachées à leur chef plus qu'à la cité. Les réformes des Gracches échouent dans la violence, Marius réforme l'armée, Sylla instaure une dictature prolongée, puis Pompée et César s'affrontent. Assassiné en 44 av. J.-C., César laisse le champ libre à une nouvelle guerre civile dont Octave sort vainqueur. En 27 av. J.-C., il prend le nom d'Auguste et concentre les pouvoirs tout en conservant les apparences républicaines : le principat remplace la République sans l'abolir officiellement.

Questions de révision

Quand la République romaine a-t-elle été fondée et comment ?

Selon la tradition romaine, la République fut instaurée vers 509 av. J.-C., après l'expulsion du dernier roi, Tarquin le Superbe. Les Romains jurèrent de ne plus tolérer de royauté et remplacèrent le roi par des magistrats annuels, d'abord les préteurs, puis les deux consuls. Les historiens rappellent que ce récit, transmis notamment par Tite-Live, relève en partie de la reconstruction tardive et légendaire des origines.

Quel était le rôle des tribuns de la plèbe ?

Les tribuns de la plèbe, créés lors des premières sécessions de la plèbe vers 494 av. J.-C., étaient des magistrats chargés de protéger les plébéiens contre les abus des magistrats patriciens. Ils étaient inviolables : nuire à un tribun était un crime religieux et politique. Ils pouvaient opposer leur veto aux décisions du Sénat et des magistrats et convoquer la plèbe pour voter des plébiscites.

Pourquoi parle-t-on de fin de la République avec Auguste ?

Après les guerres civiles, Octave, vainqueur d'Antoine à Actium en 31 av. J.-C., reçoit en 27 av. J.-C. le sénat et le nom d'Auguste. Il conserve les institutions républicaines en apparence, mais concentre en réalité les commandements militaires, la trésorerie et l'autorité sur les provinces. Ce régime, appelé principat, marque la fin de la République comme équilibre entre magistratures, Sénat et assemblées, sans abolition formelle du cadre républicain.